Mes parents m’ont donné des biens immobiliers d’une valeur supérieure à ceux donnés à ma sœur. En conséquence, je dois lui verser une soulte de 30 000 €, correspondant à la différence de valeur entre nos deux parts.
Détail très important : mes parents me signalent que ma sœur a renoncé à cette soulte. Je leur fais confiance, et je signe la donation. Aux yeux de mes parents ma sœur est vu comme quelqu’un de très généreuse.
Un an après la signature, je me pose quand même la question : qu’est-ce qui empêche ma sœur de réclamer un jour cette somme ? Je relis avec attention l’acte de donation-partage : rien n’y stipule juridiquement que ma sœur a renoncé à la soulte. J’en alerte mes parents, mais ils ne semblent pas comprendre que, juridiquement, la soulte reste due, et que si ma sœur me la réclame un jour, elle sera dans son bon droit.
Mon père ne comprend pas mon inquiétude. Mes interrogations lui semblent même inappropriées, voire idiotes. Je demande à voir le notaire.
Nous finissons par le rencontrer tous les quatre. L’entretien est tendu : quelques mois plus tôt, je me suis brouillé avec ma sœur, au point que nous ne nous parlons plus. À l’issue de cet entretien, je comprends que mon inquiétude n’est pas fondée. Je me sens même mal à l’aise d’avoir provoqué cette réunion, alors que tout semble en ordre et que cette histoire de soulte semble être un faux problème.
Deux ans après la signature, ma sœur me réclame la soulte. Je dois lui verser d’un coup l’ensemble des mensualités que j’aurais dû payer depuis septembre 2024. Je suis dévasté. Bien que nous ne nous parlions plus depuis des mois, je réalise que ma sœur est devenue, à mes yeux, une opportuniste, presque une étrangère — qui, bien que parfaitement dans son droit, me met dans une grande difficulté financière.
Le moment ne pouvait pas plus mal tomber : en pleine démarche pour l’obtention d’un prêt, je reçois cette nouvelle comme un coup de massue.
Je ne comprends pas pourquoi elle fait ça. Que lui ai-je fait ? Je n’aurai sans doute jamais de réponse à ces questions. Sur le coup, je ressens de la peine, un sentiment de trahison, de la colère. Il ne me serait jamais venu à l’idée de faire une telle chose à quelqu’un de ma famille.
Cette situation m’amène à m’interroger sur les ressources dont je dispose pour ne pas laisser s’installer le ressentiment, la peine, la colère et ce sentiment de trahison. Je vais expérimenter sur moi-même ce que Joe Dispenza enseigne dans son livre Devenir Super Conscient.
Bien que je sois dans la tourmente, je fais le choix d’imaginer une fin à cette histoire qui me donne le sourire. J’imagine que mes parents, tellement peinés par le comportement de ma sœur, me donnent l’argent pour régler cette soulte. J’imagine aussi que je porte l’affaire devant un tribunal compétent, car j’estime que le notaire a failli à son devoir de conseil — en effet, je l’ai alerté par mail du fait que, juridiquement, rien ne me couvrait quant à l’obligation de payer. J’imagine que je reçois en dédommagement une somme substantielle qui me permettrait de rafraîchir davantage ma future maison, de financer les travaux. Quand j’imagine ce scénario, j’ai le sourire, et même quand j’écris cette partie de l’article, j’ai le sourire et je me sens plus léger, au point que j’en arrive à dire, dans mon imagination : merci à ma sœur !
En pleine démarche bancaire, j’imagine que l’argent donné par mes parents servirait d’apport, et donc que j’emprunterais une moindre somme, et qu’au lieu de rembourser la banque, je rembourserais ma sœur. Cela me coûterait moins cher de rembourser 30 000 euros à ma sœur qu’à la banque, car emprunter de l’argent à la banque coûte de l’argent. C’est mon histoire et elle me fait plaisir : quitte à traverser ce moment, autant imaginer ce qui me plaît et me fait sourire.
Je constate toutefois que je n’ai pas d’appétit, malgré ce scénario de rêve que j’imagine. Alors je me fais un plan : je vais méditer sur mon scénario de rêve le plus souvent possible, tout en faisant les démarches administratives qu’il faut pour me préparer à cette affaire.